Exposition « Histoires parallèles » les élèves de 3e 3 aux archives départementales, des rencontres inoubliables

Le projet d’EPI (Enseignement Pratique Interdisciplinaire) associant quatre disciplines : français, histoire, arts plastiques et éducation musicale, a permis aux élèves de 3e 3 de rencontrer des personnes, des lieux, des moments de l’histoire dont ils se souviendront longtemps. Le 9 mai, journée de l’Europe, les élèves viennent aux archives pour la troisième fois, pour l’inauguration de l’exposition « Histoire parallèles » deux camps durant la seconde guerre mondiale.

C’est une des plus sombres périodes de notre histoire qui est abordée dans cette exposition, les camps de concentration nazis à travers deux exemples, le camp de la Croix Rouge à Niš en Serbie et celui de Mérignac Beaudésert. L’échange européen entre les deux pays permet à M. Lauseig enseignant d’histoire et géographie, de travailler depuis plusieurs années avec l’école Ivo Andric de Niš. Après un voyage en Serbie en 2016, les bases de ce projet sont définies, dans un premier temps, des deux côtés, les enseignants collectent des archives auprès des services locaux. Les productions d’élèves qui sont peu à peu réalisées sous divers formats finissent par constituer au fil des mois la trame de la future exposition.

1VueExpo2arbreMardi 9 mai chaque enseignant présente sa démarche à un public venu nombreux. Mme Roger n’a pas pu venir, mais on peut écouter le résultat de son travail en s’installant dans les grands fauteuils du hall, équipés d’un petit écran. On peut y regarder le film accompagnant l’exposition ou écouter les bruitages et les musiques composés par les élèves en cours d’éducation musicale ainsi que les mises en voix de certains passages du livre Si c’est un homme de Primo Lévi.

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Mme Le Coadou, enseignante d’arts plastiques a consacré sept heures de cours à ce projet. L’enseignante de lettres, Mme Lagarde a préparé avec les élèves une liste de mots exprimant les émotions ressenties face à l’horreur des camps. Ces mots ont été repris par les élèves pour illustrer une expression chacun en utilisant un graphisme approprié.

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Mme Alexandra Arsic enseignante serbe, Monsieur Lauseig, Mme Le Coadou

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Leurs dessins sont installés sur des panneaux de bois, peints en gris et couverts de grillage rappelant l’enfermement. De l’autre côté de ces panneaux placés dans le hall d’entrée, les élèves ont réalisé des ombres d’hommes effrayés. Le papier a été vieilli avec du brou de noix, de la même façon que les fiches d’état civil des déportés, posées au pied de l’arbre au centre du hall. Cet arbre dont les branches prennent la forme de bras et de mains symbolise un appel au secours. Enfin une couronne de fleurs en papier rend hommage aux victimes.

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À son tour, M. Lauseig qui est aussi responsable du service éducatif des archives départementales, présente son travail réalisé avec les élèves répartis en cinq groupes, un par panneau. Le premier panneau illustre par des photographies d’époque et une carte, la France et la Gironde sous l’occupation.

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Sur le deuxième panneau, on découvre l’historique du camp qui en comprenait un autre pour les gens du voyage. En octobre 1940, quai de Bacalan, il y avait un camp provisoire, pour les indésirables politiques, ensuite les hommes et femmes arrêtés ont tous été envoyés à Beaudésert, au camp qui servit jusqu’à la libération. En 1949, le nombre de déportés emprisonnés là-bas est évalué à environ 9000 personnes. Une plaque commémorative est posée à Mérignac à l’emplacement du camp qui a été détruit (accès par sortie 10 de la rocade).

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Sur le troisième panneau, des documents illustrent les conditions de vie des israélites, le statut imposé par le régime, les conditions d’internement.

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D’autres documents placés sous vitrine au milieu du hall, complètent ce panneau, on peut y voir les terribles chiffres de la première rafle à la veille de celle du Vel d’Hiv, 16 juillet 1942 et l’organisation des déplacements par réquisition de bus. La police pouvait arrêter des juifs au moindre écart, par exemple pour ne pas avoir porté l’étoile jaune ou pour avoir franchi la ligne de démarcation.

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Sur le quatrième panneau, des photographies d’époque et des plans présentent la structure du camp, avec des bâtiments en bois, sommaires, non chauffés, avec de grandes fenêtres sans volets ni rideaux.

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Enfin le dernier panneau, finit de nous présenter la violence de cette guerre, avec le témoignage d’une femme arrêtée, obligée de dire adieu à son enfant et une lettre signée Maurice Papon, précisant que personne ne sera épargné, ni les enfants, ni les personnes handicapées.

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Ensuite Mme Vatican directrice des archives départementales, apporte quelques précisions sur les documents utilisés, par exemple ceux concernant Papon sont des photocopies car les originaux ont été saisis par la justice lors du procès

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Une des deux enseignantes serbes venues à Bordeaux cette semaine, Myriana Stefanovic présente la partie serbe de l’exposition. Venue de Niš au sud-est de la Serbie, l’exposition est réalisée à partir de documents conservés au camp devenu musée de Niš en 1967, il reste peu de documents d’époque, car à la libération, des militaires allemands ont mis le feu au bâtiment principal. Comme nos élèves, ceux de Niš ont choisi les documents et travaillé sur la mise en page.

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Sur le premier panneau des photographies donnent une idée du camp de Niš, toujours existant, une carte rappelle les frontières de l’ex-Yougoslavie après 1945.

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Sur le deuxième panneau, l’occupation allemande de la région et une vue aérienne de la ville de Niš, montrent l’état dans lequel elle sort de la guerre.

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Sur le troisième panneau, des photographies de la collection permanente du musée, gardent la mémoire des prisonniers avec des inscriptions sur les murs.

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Sur le quatrième panneau, on peut voir le capitaine de la gestapo locale, la carte des camps yougoslaves, des documents de gestion du camp, des commandes.

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Enfin le dernier panneau donne une idée du camp après la guerre et un bilan comptable de la Croix rouge apporte des chiffres sur les indemnisations des familles des tués et des sinistrés. Au total il y a eu plus de 30 000 personnes tuées au camp de la croix rouge et 1100 patriotes fusillés sur la colline de Bubanj.

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L’exposition reste aux archives départementales jusqu’au 18 mai, en juin elle sera au collège Mauguin et à l’automne à l’école de Niš. Ensuite elle sera à disposition des autres établissements intéressés.

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Dernière partie de cette inauguration, le film réalisé avec les interventions des élèves serbes et français. Avant la diffusion, les discours de remerciements de Mme Alexandra Arsic et de M. Lauseig démontrent leur détermination à renouveler ces échanges pour former de futurs citoyens conscients des erreurs du passé et respectueux du devoir de mémoire.  Mme Carole Guère, présidente de la commission collège au conseil départemental, salue et félicite les deux équipes pour leur travail. Pour clôturer cet après-midi aux archives, la compagnie Dromosphère propose une lecture théâtralisée très émouvante d’un extrait d’une pièce créée par un historien et écrivain Nišhois, Nbojsa Ozimik, intitulée le Baiser français.

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Avant de rentrer au collège, les élèves et les enseignants posent pour quelques photographies avec un des deux derniers survivants du camp de Mérignac, Georges Durou. Nul doute que cette rencontre les a marqués et leur a apporté une dernière preuve de ce qu’a été la deuxième guerre mondiale.

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